# Billet dur : mes données

Le billet d’humeur des conseillers Cgt qui siègent au Conseil de la Cnam. Retrouvez les chroniques de Christophe Prudhomme, médecin au Samu 93 et conseiller Cgt au conseil de la Cnam sur le site du journal L’Humanité.

Avec le dossier médical partagé et ce que Macron appelle le Health Data hub, à savoir «un guichet unique, sécurisé, permettant l’accès aux données de santé pour des projets présentant un intérêt public», la santé de chacun d’entre nous intéresse beaucoup de monde.

C’est le cas de très nombreuses entreprises pour qui ces informations valent de l’or car elles peuvent être revendues très chères à de nombreux acteurs, notamment dans le domaine de l’assurance, de la banque, de la pharmacie, etc.

L’émission Cash Investigations de jeudi 20 mai 2021 a mis en lumière l’entreprise Iqvia qui, tout en fournissant un logiciel « gratuit » à 14 000 pharmacies en France, amasse un trésor en termes d’informations concernant la santé de plus de la moitié des citoyens français, et tout cela à leur insu.

Cette situation révèle deux scandales.

D’une part, le conflit d’intérêt d’un monsieur, Jean-Marc Aubert, qui a été mandaté par Agnès Buzyn comme pilote de la mise en place du Health Data Hub avant d’être nommé dirigeant d’Iqvia sans que la soi-disant commission de déontologie ne trouve rien à y redire.

D’autre part, la CNIL, normalement chargée de « veiller à la protection des données personnelles contenues dans des fichiers informatiques », a autorisé cette collecte d’informations de manière bien légère, avec comme seule contrainte pour les pharmaciens « d’informer les patients par voie d’affiche ».

Mais de qui se moque-t-on ? Il faut en effet savoir que la société Iqvia est une entreprise américaine présentée comme le plus grand revendeur de données médicales au monde avec un chiffre d’affaires de 11 milliards de dollars.

Il est grand temps que les citoyens s’intéressent à la confidentialité de leurs données personnelles, notamment celles qui concernent leur santé. Pour cela il faut s’opposer à ces politiciens qui, quand ils sont au gouvernement mettent en place une législation pour les entreprises qui ont financé très souvent leur campagne et qui quand ils quittent leurs mandats les remercient en leur offrant des postes dans leurs organes dirigeants.

Car tout ceci est aujourd’hui « légal », mais c’est immoral et surtout très dangereux pour nos libertés.

Dr Christophe Prudhomme

4 réflexions au sujet de « # Billet dur : mes données »

  1. Non mais alors là j’hallucine !!! Je suis choquée du comportement de la CNIL, mais, malheureusement, bien moins que celui de la société Iqvia…
    C’est hallucinant tout ce qui se passe en coulisse avec nos données plus que personnelles, puisqu’elles relèvent de notre identité et notre intimité aussi…
    C’est limite égal à une usurpation d’identité, pour ne pas écrire un viol de notre intimité, en plus de notre identité.
    S’il y a une pétition, je la signerai volontiers !!!
    Et j’indique mon prénom, car j’assume (moi !!!) pleinement ce que j’écris puisque c’est ma pensée la plus profonde, c’est même viscérale. C’est peu dire.
    A bon entendeu(r)(se), SALUT !!!
    Antonia

  2. Merci pour ces précieuses informations… encore une fois la sécurité sociale est utilisée à des fins non sanitaires encore moins solidaires. Son inventeur s’en retournerait dans sa tombe !
    Est-il possible de vous commander le DVD « La sociale » ? Si non par qui ?

  3. Bonjour, J’ai vu cette émission et comme vous je suis scandalisée par ce que j’ai découvert. En tant que médecin nous nous évertuons à garantir de manière extrêmement scrupuleuse le secret médical (qui appartient seulement au patient, y compris post-mortem) et finalement on s’aperçoit encore que nos dirigeants nous manipulent… comme souvent…et avec le sourire….! »
    ils couvrent leur manipulations en utilisant la soi-disant impartialité de la science. Mais en vérité la science dont ils parlent est mise au profit de firmes privées et non pas du public. Tout le monde sait bien que les abus sont pratiquement certains quand les données médicales sont utilisées à but lucratif.
    Cela est non seulement antidémocratique en soi-même mais en plus contribue au discrédit de la médecine (et de la science en général). Et ainsi nos politiciens sont à la source du rejet de la science dans la société et de la montée du populisme. »
    Comme Aurélien Barrau, j’ai envie de les traiter de bouffons car je suis en colère mais en fait cela m’attriste car ils pilotent la vie des gens, celles des 99%. Ils ont le pouvoir, celui de l’argent et donc celui du contrôle de la majorité des médias.

  4. J’ai vu l’émission qui m’a également scandalisée et je suis également prête à signer une pétition si besoin pour faire cesser ce scandale.

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