#Billet dur : Val-de-Grâce

Le billet d’humeur des conseillers Cgt qui siègent au Conseil de la Cnam. Retrouvez les chroniques de Christophe Prudhomme, médecin au Samu 93 et conseiller Cgt au conseil de la Cnam sur le site du journal L’Humanité.

Le 19 mai 1796, l’hôpital du Val-de-Grâce est transformé en hôpital d’instruction des armées. En 1850 est créée l’Ecole d’application de médecine militaire qui devient en 1993 le premier centre hospitalier universitaire militaire français.

En 1979, un bâtiment neuf permet de libérer les locaux de l’ancienne abbaye. Puis, de plan d’économie en plan d’économie, environ les deux tiers des hôpitaux militaires sont progressivement fermés et coup de grâce, le mot est bien choisi, c’est le tour du Val-de-Grâce, navire amiral et fleuron du service de santé des armées.

Cet établissement situé au cœur de Paris était doté de service de pointe et a soigné de très nombreux militaires ainsi que des personnalités françaises et étrangères, tout en restant accessible à l’ensemble de la population. Il était équipé notamment d’un caisson hyperbare, utilisé notamment pour le traitement des très nombreuses intoxications au monoxyde de carbone survenant chaque année en Ile-de-France, ne laissant plus qu’un seul outil de ce type disponible dans une des plus grandes métropoles mondiales.

En 2020, lors de la survenue de l’épidémie de COVID-19, le bâtiment est à l’abandon et sert de casernement pour les militaires de l’opération Vigipirate. Dès la fin de la première vague, face au manque cruel de lits, nous avons été nombreux à réclamer sa remise en service le plus rapidement possible.

En effet plutôt que d’envisager la mise en place d’hôpitaux de campagne dans des lieux inadaptés, il apparaît plus logique et plus rapide d’utiliser des locaux existants à l’architecture adaptée.

En quelques semaines, il aurait été possible l’été dernier de nettoyer et de rééquiper ces locaux. Mais le gouvernement est resté sourd à cette demande, comme à celle d’utiliser les locaux vides de l’Hôtel-Dieu, car il ne voulait à aucun prix rouvrir des lits qu’il n’aurait pas pu refermer ensuite.

Nous continuons donc à réclamer le retour de ces bâtiments à leur mission initiale afin que nous puissions disposer d’un hôpital en réserve fonctionnel, mobilisable en cas de crise.

Dr Christophe Prudhomme

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