# Billet dur : recalé.e.s

Le billet d’humeur des conseillers Cgt qui siègent au Conseil de la Cnam. Retrouvez les chroniques de Christophe Prudhomme, médecin au Samu 93 et conseiller Cgt au conseil de la Cnam sur le site du journal L’Humanité.

Alors que nous manquons cruellement d’infirmier.e.s dans les hôpitaux et plus particulièrement à l’AP-HP, plusieurs dizaines de salarié.e.s, en grande majorité des aides-soignant.e.s qui ont réussi l’épreuve de sélection avec des notes allant de 13 à 20 pour poursuivre des études d’infirmier.e sont recalé.e.s au motif de crédits insuffisants.

Ce mécanisme, appelé promotion professionnelle, est un atout majeur pour les hôpitaux publics puisqu’il s’agit de former du personnel déjà en exercice qui pourra être affecté dès la fin de la formation sur les postes vacants.

Que des raisons financières soient évoquées par le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, est proprement scandaleux car lui-même s’est répandu sur les ondes depuis plus d’un an pour expliquer qu’il aimerait bien ouvrir des lits supplémentaires pour prendre en charge les malades atteints de la COVID-19, mais que c’était impossible faute de personnels disponibles.

Quel Ponce-Pilate !

Aujourd’hui alors qu’il est justement possible de former ces professionnels, il ne s’en donne pas les moyens et explique aux personnes concernées qu’elles doivent se payer elles-mêmes leurs études si elles souhaitent les poursuivre.

Mais comment imaginer qu’un.e aide-soignant.e qui gagne 1 500 euros par mois va pour voir vivre en arrêtant son travail et en payant ses études pendant 3 ans.

La CGT avec les agent.e.s concerné.e.s se bat pour obtenir ce financement.

Mais au-delà de cette affaire qui montre bien la duplicité du gouvernement et de ses relais à la tête des hôpitaux, il est urgent de former massivement des professionnels de santé en leur donnant les moyens de suivre leurs études dans les meilleures conditions.

Nous proposons ainsi de généraliser les contrats de formation qui permettent de payer les étudiants au SMIC pendant leurs études contre un engagement à servir un certain nombre d’années dans un établissement désigné où des emplois sont disponibles.

Dr Christophe Prudhomme.

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