# Billet dur : les autres

Le billet d’humeur des conseillers Cgt qui siègent au Conseil de la Cnam. Retrouvez les chroniques de Christophe Prudhomme, médecin au Samu 93 et conseiller Cgt au conseil de la Cnam sur le site du journal L’Humanité.

Je voudrais vous parler aujourd’hui des autres malades que ceux atteints de la COVID-19 qui sont très nombreux et que notre système de santé a négligé, voire dans certains cas abandonné, obligé qu’il était de concentrer toutes ses forces pour essayer de gérer l’épidémie tant bien que mal.

Pour exemple, je peux vous parler de mon dernier week-end de garde à l’hôpital où il a été très difficile de trouver des places en soins intensifs pour une patiente souffrant d’un œdème du poumon et, pire encore, pour un patient victime d’un arrêt cardiaque, heureusement récupéré grâce au massage cardiaque effectué par son entourage et à une arrivée rapide des pompiers et de l’équipe du SAMU.

Au-delà de ces cas graves, nous ne comptons plus les personnes dont les interventions chirurgicales ont été repoussées et qui attendent impatiemment d’être recontactés. Or le personnel est épuisé et il faudra bien qu’il se repose un peu lorsque le nombre de malades atteints du coronavirus aura diminué.

Nous ne pouvons donc espérer une reprise normale de l’activité qu’après l’été.

Cette situation montre bien la validité des revendications posées lors du mouvement de défense de l’hôpital public qui a précédé l’épidémie. Revendications qui n’ont toujours pas trouvé de réponses du gouvernement à la hauteur des enjeux.

Si quelques augmentations des rémunérations – et encore pas pour tout le monde – ont été arrachées, nous n’avons aucune perspective ni sur la formation et l’embauche de personnels, ni sur l’arrêt des restructurations et des fermetures de lits.

Sur la formation des personnels, l’argument avancé par le gouvernement sur la durée de la formation ne tient pas. S’il nous avait écouté en 2019, lors de la grève des urgences, nous aurions aujourd’hui des aides-soignantes (durée de formation 1 an) et bientôt des infirmières (durée de formation 3 ans) disponibles pour ouvrir des lits.

Il serait bien de rappeler avec force aux politiques que gouverner c’est prévoir et non pas produire des clips sur Twitter pour vanter son action comme vient de la faire le Président de la République.

Dr Christophe Prudhomme

2 réflexions au sujet de « # Billet dur : les autres »

  1. Effectivement…
    Et pour parler des patients dont la prise en charge est repoussée cela entraîne parfois une perte de chance de guérison. Pour les malades qui sont en arrêt de travail, cela entraîne un arrêt plus long que la sécurité sociale doit indemniser (augmentation des dépenses) et qui peut impacter le niveau de vie du patient voire même entrainer une précarisation car ses charges fixes ne diminuent pas alors que les indemnités journalières s’élèvent à 50 % du « salaire journalier de base » en maladie.

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