La journée internationale de luttes pour les droits des femmes n’est pas une journée de célébration mais bien une journée de revendication et de combat. Le premier des droits est de vivre dans un monde en paix.
Un monde en paix et sans violences de genre.
Le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme vient de déclarer que les violences contre les femmes sont une « urgence mondiale ». Pélicot, Epstein, féminicides…« De tels abus horribles sont rendus possibles par des systèmes sociaux qui réduisent les femmes et les filles au silence et protègent les hommes puissants ».
Les violences sont aussi économiques et mettent les femmes en situation de fragilité face aux prédateurs dans la vie comme au travail. 80% des travailleurs pauvres sont des femmes, 60% des travailleurs au SMIC sont des femmes, les écarts salariaux sont toujours de 19% et ils s’accroissent avec l’âge.
La retraite des femmes est le résultat de ces inégalités salariales.
L’égalité salariale n’est pas un coût, c’est bien un choix de justice sociale !
Comme nous l’avons déjà expliqué : la situation dans notre entreprise, comme le montrait le Bilan Social 2022 (Cnam + DRSM … avant leur disparition), est moins sévère que dans le reste des entreprises. Mais les écarts sont toujours présents !
Et ils augmentent avec l’âge: entre 2,5 et 3,9% pour les moins de 30 ans, pour aller jusqu’à 17,7% chez les Techniciens et Agents de maitrise de 40 à 49 ans …
Ces écarts sont liés à des facteurs multiples, mais des propositions sont portées pour améliorer cette situation :
- Appliquer le principe d’éga-conditionnalité (ajouter dans les marchés publics une condition sur l’égalité salariale)
- Instaurer un congé parental équivalent pour les 2 parents (l’écart de salaire se creuse dès le premier enfant. Un congé égalitaire est un moyen de lutter contre les stéréotypes et favoriser l’égalité professionnelle)
- Revaloriser les métiers à prédominance féminine
- Obtenir une transparence salariale
Et à la Sécurité Sociale, nous constatons que la forte féminisation du personnel (environ 85 % des effectifs) reste une aubaine de gestion pour ses dirigeants et l’Etat, précisément parce que les femmes (alors qu’elles sont le plus souvent diplômées de l’enseignement supérieur) y sont très nombreuses et structurellement mal payées : la nouvelle classification a amélioré la situation des nouveaux et futurs salariés de notre Sécurité Sociale, mais pour celles qui sont là depuis longtemps, le miracle de la « fongibilité » n’a pas permis d’obtenir un rattrapage (Cf https://www.cgtcnam.fr/nouvelle-classification-70-du-personnel-ne-gagnent-que-3-points/ ).
Autre signe de la paupérisation des emplois à la Sécu: environ 25% des salariés employés des CPAM bénéficient de la prime d’activité destinée aux travailleuses pauvres. Et beaucoup cumulent les difficultés financières : avoir un bas salaire, vivre seule et avoir un ou des enfants à charge.
Aussi, nous attendons avec impatience la mise en place en France, prévue en juin 2026, de la directive européenne sur la transparence salariale qui prévoit notamment :
- l’obligation de transparence des rémunérations à l’embauche et pendant la carrière ;
- l’évaluation des inégalités de rémunération ;
- la refonte des grilles des métiers en prenant en compte la notion de valeur égale ;
- le renversement de la charge de la preuve en cas de recours en justice pour discrimination ;
- des sanctions dissuasives pour les entreprises et les administrations qui discriminent.
Et pour en savoir plus :
- https://orgasociaux.cgt.fr/mediatheque/8-mars-2026-legalite-se-gagne-ensemble/ (L’analyse de la Fédération CGT des Organismes Sociaux)
- https://www.cgt.fr/8mars2026 (Tracts et chiffres sur les inégalités Femmes-Hommes dans les entreprises)
- https://www.cgt.fr/dossiers/egalite-femmes-hommes
- Rappel de notre analyse en 2024
- Les résultats de l’Index Egalité Professionnelle et de la loi Rixain pour 2025
L’égalité se conquiert toutes et tous ensemble !
Rejoignons toutes et tous les rassemblements et initiatives qui auront lieu partout en France ce 8 mars 2026 !
