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Période trouble …

Parce que la situation politique en France mérite bien une petite analyse, toute en nuances, comme on en a le secret à la Cgt…

Nous vivons une période trouble. Le régime Macron (pour résumer) est en train de prendre conscience de ses limites et joue la surenchère en réaction.

Ceci sans doute par crainte de l’extrême droite avec les élections européennes (en mai 2019)  mais en jouant  sur le terrain et les méthodes de l’extrême droite : amalgames, intimidations, arrestations préventives, militarisation de la police, atteinte législative aux libertés publiques, discours sur l’Ordre…

L’Histoire enseignera sans doute combien ce choix fut inexcusable.

La Grand débat national  a démontré que c’était une tactique pour divertir le regard de l’opinion publique des violences de l’État et rassembler le bloc d’électeurs qui soutient le régime.

Pour qualifier ce bloc : tirons à grands traits. Ce sont ces belles personnes, fort nombreuses en France, qui « possèdent », n’ont pas de problèmes de fins de mois, emploient des gens pour leurs affaires domestiques ou professionnelles.  Des individus qui ont souvent pour activité de faire travailler les autres et de considérer cela comme du travail !

L’issue du Grand débat semble courue d’avance : un référendum «Canada-Dry» pour établir une pincée de « proportionnelle » au Parlement, sanctuariser  l’autoritarisme  du régime et garder son cap : la mise en marché » de la société et du système socialisé de protection sociale : assurance maladie, retraite, indemnisation du chômage, santé au travail et droit à la formation continue.

Ce «projet» de société porté par le régime Macron et son bloc passe par  la réforme du système socialisé des retraites (dont personne ne parle, ou si peu, malgré les gros efforts de la Fédération nationale Cgt des organismes sociaux et de ses syndicats) alors que cette réforme est déjà ficelée…

Le but financier est simple. Le patrimoine investi en actions d’entreprises n’est plus assujetti à l’Impôt sur la fortune (ISF) depuis 2018 en France. Le fait d’ouvrir le marché des retraites aux banques et aux assureurs est un moyen de garantir de nouvelles rentes pour les capitaux libérés de l’ISF… Car le patrimoine en question va pouvoir être investi dans les banques et les assurances qui sont dans les Starting Blocks côté retraites privées…

Le discours sur les Start-Ups du régime Macron masque en fait une banale stratégie de profits, devenus accessibles avec un régime autoritaire et policier aux manettes !

Est-ce  donc ce que veulent toutes les «belles âmes» qui soutiennent le régime Macron  : de l’autoritarisme pour étendre leur patrimoine et  garder les places  qu’ils détiennent dans le management des grandes entreprises et des administrations ?

Il semble bien.

En tout cas, il y a une volonté de juguler les mouvements sociaux venant de la base de la société, qu’il s’agisse des «gilets jaunes» (un mouvement marginal en nombre malgré le tapage médiatique ) ou des syndicats revendicatifs.

Qui a entendu parler des 300 000 personnes dans la rue le 5 février 2019 à l’appel de la CGT-FO-FSU-SUD et de gilets jaunes ? Les lecteurs de la presse régionale sans doute. Mais à Paris : qui ?

Pourquoi cette rétention d’information ?

À la suite des violences dans certaines manifestations de gilets jaunes, une loi  restreint  les libertés publiques et celles de manifester. Exemple : on pourra être fouillés au corps par les CRS avant d’entrer sur les cortèges… Il s’agit peut-être d’une partie de la réponse posée au paragraphe du dessus.

Le 19 mars, la Cgt et ses cousins appellent à faire grève et à manifester pour que l’on soit encore plus nombreux à rester invisibles, gilets jaunes, rouges ou autres !

On constate un raidissement policier avec des usages d’armes qui doivent interroger sur l’objectif  de cet entraînement paramilitaire à « ciel ouvert » que sont les manifestations de gilets jaunes.

Même l’ONU a dénoncé la violence d’État et les dérives policières en France. La haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, a ainsi appelé, mercredi 6 mars, les autorités françaises à enquêter sur les violences policières commises pendant les manifestations des  » gilets jaunes  » depuis la mi-novembre 2018.

Cette «violence légale» est couplée à une instrumentalisation inégalée de «l’opinion publique» dans nombre de médias, du passé et de la culpabilité  de la société française dans l’Histoire du 20e siècle, ainsi que d’un travail de sape de toute tentative d’unité syndicale. Sans compter les pressions directes sur les  récalcitrants isolés.

Dans l’éducation nationale, des enseignants « stylos rouges » sont menacés pour « déloyauté » envers l’État » et un salarié « gilet jaune » a été licencié de chez Amazon parce qu’il avait relayé sur les réseaux sociaux un appel à bloquer un entrepôt de son employeur.

Pendant ce temps-là, les belles personnes continuent de donner des leçons de morale en soutenant l’auto-proclamation du chef de l’opposition au Venezuela face à l’exécutif légalement élu, tout discutable que ce soit ce dernier.

Quand « l’hôpital se fout de la charité »….

Plus proche, de nous, après 2 mois, 3 grèves  suivies par jusqu’à 30% des personnels de la Sécu, l’Élysée, via le ministère de la Santé, a consenti à ce que l’Ucanss ouvre une prime « Macron ». À la clé, 70 euros bruts pour tous, peut-être 250 euros si seuls les 20% de petits salaires l’obtiennent comme le «conseille» le ministère.

Un engrenage vers un traitement différencié des gens les moins payés qui ne tiendrait pas devant les tribunaux, jusqu’à présent en tout cas.

Il y aurait aussi un léger «coup de pouce» symbolique pour faire « style », sur la RMPP (+1,6% de la masse salariale ?). Ce qui ne changerait rien à l’austérité qui frappe l’emploi et tous les salaires dans la Sécurité Sociale, notamment celles et ceux qui n’ont pas bénéficié des bons niveaux de rémunération d’avant 2004. Et cela commence à faire du monde…

Pour rappel : entre 20 et 25% des salariés des organismes de sécurité sociales sont déjà éligibles à la prime d’activité, soit autant de travailleurs pauvres, au cœur de la Sécu !

Et dire que certaines belles âmes ont la prétention de vouloir leur donner des leçons de conduite.

Dans ces conditions,  les sermons moralisateurs et les menaces risquent  de ne plus suffire.

D’autant que les beaux jours arrivent…

Rendez vous le 19 mars 2019 pour faire du bruit et faire en sorte que nul ne puisse, dans quelques années, nous ressortir le refrain bien connu : «ah bah je savais pas….».

La liberté, à  un moment donné, ça se paie cash.

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