Billet dur : TGV sanitaire ?

Le billet d’humeur des conseillers Cgt qui siègent au Conseil de la Cnam. Retrouvez les chroniques de Christophe Prudhomme, médecin au Samu 93 et conseiller Cgt au conseil de la Cnam sur le site du journal L’Humanité.

Le gouvernement communique à tout va sur les transferts de malades de l’Ile-de-France vers d’autres régions et nous ressort ses TGV sanitaires.

Si nous avons bien une augmentation régulière du nombre de malades en réanimation, les chiffres n’ont rien d’affolants

Si ce qui est par contre anormal est que la région capitale ne soit dotée que de moins de 1 200 lits de réanimation pour 12 millions d’habitants.

Les urgentistes dénoncent cette faiblesse depuis l’épisode de la canicule en 2003 : en effet, chaque hiver, chaque été, chaque période de vacances, chaque long week-end, bref quasiment toute l’année, nous manquons de places en réanimation.

Alors deux questions se posent. Pourquoi depuis l’an dernier, aucun lit supplémentaire n’a été créé ?

La raison en est que le gouvernement ne veut pas changer sa posture idéologique sur le fait qu’il faut continuer à fermer des lits pour basculer vers le fameux « tout ambulatoire ».

En pleine épidémie, les projets de restructuration se poursuivent en région parisienne, sans remise en cause des fermetures d’hôpitaux annoncées (Bichat, Beaujon, Hôtel-Dieu, Raymond Poincaré à Garches et Jean Verdier à Bondy).

Les chantiers se poursuivent comme à l’Hôtel-Dieu, non pas pour rénover les locaux et ouvrir des lits mais pour préparer l’arrivée d’une galerie commerciale de luxe.

La deuxième question est la suivante : pourquoi transférer des malades plutôt que de déplacer du personnel pour ouvrir des lits dans des locaux existants et disponibles ?

Pour la même raison, à savoir qu’un fois ces lits ouverts il sera difficile de les fermer. D’autre part, pour organiser une agitation médiatique permettant d’évacuer le vrai débat à savoir le manque de lits et le retard sur la vaccination.

Par ailleurs, ces évacuations sanitaires sont très difficiles à organiser, présentent des risques pour les patients, sont très chronophages et consommatrices de personnels.

Et pour quelle efficacité ? Le week-end dernier, 6 patients ont été évacués ! Il est urgent d’arrêter ce grand cirque afin de prendre des mesures de bon sens et plus adaptées tant pour les patients que pour les personnels.

Dr Christophe Prudhomme.

Une réflexion au sujet de « Billet dur : TGV sanitaire ? »

  1. c’est bien triste, et très décevant
    l’argent avant tout
    et les médias ne cesseront pas de nous manipuler

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