# Billet dur : Secret des affaires en médecine ?

De nouveaux médicaments qui semblent efficaces pour éviter des formes graves de la COVID arrivent sur le marché.

Médicalement c’est une bonne chose car nous ne pouvons que constater le fait que les vaccins ont leur utilité, mais qu’il ne s’agit pas de l’arme absolue et qu’il est nécessaire de poursuivre les recherches afin de pouvoir disposer d’un arsenal varié répondant plus largement aux besoins pour pouvoir lutter efficacement contre ce virus.

Mais comme nous avons pu le constater pour les vaccins, les laboratoires pharmaceutiques, alléchés par l’appât du gain, communiquent régulièrement sur des résultats d’études pas toujours validées scientifiquement, dans une stratégie purement commerciale et de lobbying auprès des États pour obtenir des commandes rapides de leurs produits.

Ainsi Pfizer qui a déjà accumulé des profits énormes avec le vaccin, vient de mettre sur le marché une association d’antiviraux sous le nom de Paxlovid.

La France a commandé 500 000 doses de ce médicament. Très bien, mais là où le bât blesse est que nous ne connaissons pas le prix de ce produit qui sera distribué « gratuitement » dans les pharmacies.

Mais rien n’est gratuit et c’est bien la Sécurité sociale qui paiera la facture.

La question du montant de la facture a été posée lors de la dernière réunion du Conseil national de l’assurance maladie.

Le Directeur général a déclaré qu’il n’avait pas la réponse car c’est le gouvernement qui a négocié directement ce contrat avec le laboratoire et a renvoyé la balle au Commissaire du gouvernement qui a piteusement déclaré qu’il n’avait pas la réponse.

La raison en est que la firme invoque le « secret des affaires » et se donne bonne conscience en déclarant qu’elle mettrait en place une « tarification échelonnée qui va se baser sur le niveau de revenus de chaque pays.

Ainsi, dans les pays où les revenus de la population sont faibles, le prix du Paxlovid devrait être moins élevé ».

Cette situation est scandaleuse.

En effet la législation française et européenne indique que ce fameux secret est « d’assurer, au profit des entreprises, la protection des informations ayant une valeur commerciale, et cela de manière uniforme au sein de l’espace européen ».

Nous nous retrouvons ici encore dans une situation où les lois du marché priment sur la santé publique. Après le refus de la levée des brevets sur les vaccins et le scandale des EHPAD, ces éléments renforcent la revendication de l’exclusion du marché de tous les services et produits qui relèvent du domaine de la santé.

Dr Christophe Prudhomme

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