# Billet doux : urgence d’un débat

Notre système de santé est en train de s’effondrer et la seule réponse du gouvernement est de valider une rupture du service public en acceptant la fermeture des services d’urgence la nuit.

Les préconisations médicales sont simples : pour assurer la sécurité de la population, tout citoyen doit être à moins de 30 minutes d’un service d’urgence ouvert 24 h sur 24, tous les jours de l’année.

La perversité des libéraux qui nous gouvernent, aidés par certains médecins qui sont devenus leurs valets politiques pour préserver leurs intérêts catégoriels et leur position de pouvoir, est d’avoir sciemment provoqué la dégradation du système de santé en organisant la pénurie de professionnels, notamment de médecins, et en étranglant financièrement les hôpitaux pour qu’ils ferment des lits et des établissements.

L’objectif soigneusement caché et dénié est bien d’aboutir à une situation où, face à la dégradation de la qualité des services publics, l’alternative évidente devienne le secteur privé… pour ceux qui pourront se la payer.

Le scandale d’ORPEA a mis crûment en lumière l’absence de toute limite dans la prédation du système par des vautours qui ne respectent plus aucune valeur humaine. Un scandale s’ajoute à ce scandale, c’est l’absence de réponse politique, si ce n’est la promesse d’une inspection de toutes les EHPAD dans l’année qui vient alors que la ministre de la Santé sait pertinemment que c’est impossible, car les Agences régionales de santé qui en sont chargées ne disposent pas du personnel en quantité et en qualité suffisante pour remplir cette mission.

En effet, ces agences qui sont le fruit du démantèlement des anciennes administrations départementales et régionales en charge du système de santé (DDASS et DRASS) ne possèdent plus de personnels techniques qualifiés, car leur mission a été réduite au contrôle financier avec comme seul objectif de ne pas dépasser le budget, toujours insuffisant, voté par la Loi de finance de la Sécurité sociale.

Ce recul a été mis en lumière par la révélation de la multiplication des missions confiées à des cabinets de consultants pour gérer la crise COVID, qui sont aussi grassement payés depuis des années pour organiser les « restructurations » hospitalières avec comme unique objectif la suppression de lits.

Alors que le Président le République, élu par défaut, n’a plus à sa disposition une Assemblée Nationale de députés godillots, il est urgent que cette dernière retrouve sa fonction politique de débat des sujets prioritaires pour la population, afin d’élaborer des lois qui répondent aux besoins exprimés.

Ainsi si le pouvoir d’achat constitue une de ces priorités, l’avenir de notre système de santé et de protection sociale en est une autre. Nous demandons un débat en urgence au Parlement autour de deux options : un système de santé avec un service public minimum pour les plus pauvres et un secteur marchand financé par des assurances privées pour le reste de la population ou un service public répondant à l’ensemble des besoins (ville, hôpital, médico-social, santé publique et prévention) financé intégralement par la Sécurité sociale.

Dr Christophe Prudhomme

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