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« 100% Sécu » : 100% gagnants, 100 % gagnable, ça parle !

De l’audace, de l’audace, toujours de l’audace ! Il s’agit d’un mot d’ordre révolutionnaire. Car il y a bien du révolutionnaire dans le projet « 100% sécu » formulé par la Fédération nationale des personnels des organismes sociaux (FNPOS)

Enfin ! Le voilà structuré comme nous le dessinions lors de notre 11e congrès de FNPOS en 2017, non plus à partir de quelques bouts, mais comme un projet global de civilisation qui reprend, dans le bon sens, le projet de sécurité sociale là où il s’est plus ou moins arrêté il y a 50 ans..

Le principe est celui de 1945 en mieux : accroître la socialisation de la valeur ajoutée créé par l’économie des hommes, la mise hors du marché de pans essentiels de l’existence : la santé ; le salaire des travailleurs quoiqu’il leur arrive (licenciement, démission légitime), le logement ; la bonne vie des travailleurs-retraités une fois qu’ils sont sortis de l’emploi ; la prise en charge du grand âge et de la dépendance. Dépendance dont on sait la cruelle réalité dans le secteur des aides à domicile et les Ehpad….

Avec ce projet « 100% sécu », nous disposons de ce qui manque au syndicalisme de lutte aujourd’hui : un projet de société compréhensible facilement pour le quidam. Un « truc » évident dont chacun peut mesurer les avantages, les bénéfices et les opportunités, pour soi et les siens.

Avec ce « 100% Sécu » : nous avons quelque chose de « super puissant » à opposer au projet défendu par la CFDT tel que le régime « Macron » veut le mettre en place dans une verve « thatchérienne » vintage. Gardons bien à l’esprit que ce sont des projets jumeaux !

À ce sujet, il nécessaire que l’on s’interroge sur les raisons pour lesquelles le projet CFDT/Macron fonctionne chez les classes prospères salariées. Lesquelles continuent dans leur globalité à s’enrichir. Ceci à force d’épargne, d’investissement immobilier « qui rapporte » (pas besoin d’être milliardaires pour défiscaliser ses crédits immobiliers de nos jours…) ; à force aussi de petits calculs individuels autour de la recherche des meilleurs prix (du travail).

L’objectif de la CFDT/Macron est celui-ci : maintenir des salaires bas pour avoir une inflation basse propice à la croissance des rentes et de l’épargne de classes prospères salariées qui votent pour eux. Des rentes qui viennent de plus en plus se substituer au salaire !

Avec le 100%, la Cgt propose bien mieux et plus efficace : une protection efficace tout au long de la vie, finançable (ne jamais oublier que le PIB a triplé en France en 30 ans malgré les crises). Ceci à moindre coût individuel (elle est gratuite) et surtout : sans endettement.

Le « 100% Sécu » vient donner de la « la chaire » à la sécurité sociale professionnelle et au nouveau statut du travailleur salarié de la confédération Cgt.

De ce point de vue, le projet de la Fédération est en avance. Il peut même servir d’aiguillon à toute la Cgt et à la société française. Cela en investissant le débat autour du « salaire à vie et du revenu de base/universel » qui fait écho à celles et ceux (dans tous les bords politiques) ont compris que l’accès au patrimoine individuel comme « filet de sécurité » était en train de se fermer à eux.

De ce fait, comprendre que nous représentons les intérêts matériels de seulement 20 à 30 % de la population doit nous aider à sortir du discours ambigüe du « 99% contre le 1% des plus riches » qui ne reflété pas la vérité.

Ce discours-là brouille, pour les nôtres, l’identification de nos adversaires. Car hélas (et c’est évidement difficile à envisager), ces adversaires sont bien plus proches de nous que l’on aime le croire. En partie parce que ces adversaires « de classes » sont aussi en nous-mêmes.

Lire « UNE SÉCURITÉ SOCIALE INTÉGRALE : OUI LE FINANCEMENT EST POSSIBLE »

Lire « Que faire des complémentaire santé à l’heure du 100% Sécu ? »